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Des éclairs, Jean Echenoz, Minuit 2010

Commencer 2011 par un roman de Jean Echenoz est un plaisir alors doublons le plaisir et discutons de deux romans de Jean Echenoz. Des éclairs, son dernier roman paru comme tous ses livres aux éditions de Minuit, continue dans la veine ‘biographique’ entamée avec le pianiste Ravel puis le coureur de fond Emil Zatopek. Pour clore une trilogie cette fois Echenoz s’intéresse à Nicola Tesla, chercheur croate du début du XXe siècle, passionné d’électricité (pcq né par une nuit d’orage selon Echenoz) très célèbre aux Etats Unis pour avoir mis au point entre autre le courant alternatif et coupé l’herbe sous le pied à Edison, convaincu lui par le courant continu. Entre fiction et réalité, Tesla est Gregor chez Echenoz qui en fait un inventeur fantasque, traversé par des éclairs de génie, scientifique au destin singulier, toujours prêt à exposer ses découvertes, rien de moins que la radio, le radar, les rayons X, une ébauche d’Internet même, mais peu intéressé par la commercialisation de ses inventions et qui s’est donc fait voler des brevets mal établis.

Comme toujours Echenoz suit des personnages dont le ou les désirs sont immenses. Excentrique, solitaire et fasciné par les constructions de son propre esprit, Gregor met en scène des démonstrations qui font se pâmer le public tel un magicien mais refuse d’être aimé ou d’aimer. A son but de procurer l’électricité gratuite pour tous, belle chimère, se substituera bientôt une folie pour les pigeons, moins ingrats que les hommes, qui envahissent sa chambre d’hôtel et l’accompagneront jusqu’au bout. Aventurier de l’énergie, le personnage Gregor est admirablement décrit par Echenoz, tantôt inquiétant, tantôt pathétique toujours très humain.

Autres aventuriers dans Nous trois, roman de 1992 ressorti en 2010 dans la collection double de Minuit, où Louis Meyer agent de l’astronautique, selon les termes d’Echenoz, se retrouve à Marseille dans un tremblement de terre de 7,9 sur l’échelle de Richter qui lui permettra une jeune femme belle et distante qu’il baptise aussitôt Mercedes. Meyer, Mercedes et le narrateur (eux trois donc) se retrouveront dans une navette spatiale pour une grande part du roman, mais ça c’est une autre histoire que je vous laisse découvrir.

Echenoz est un réel aventurier de l’écriture, au ton si particulier. Phrases décalées, humour et mélancolie traversent tous ses récits et ses personnages, légèrement en marge, gravitent tous autour d’un grand jeu, la vie, à ne jamais trop prendre au sérieux et si possible en écoutant du jazz.

Je vous rappelle que Des éclairs et Nous trois de Jean Echenoz sont publiés aux éditions de Minuit et vous souhaite une bonne année 2011 et surtout beaucoup de belles lectures.

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