Le Voyage de l’éléphant, José Saramago, Seuil 2009
Bonjour à tous. Avec Le voyage de l’éléphant, publié au Seuil, José Saramago nous entraîne dans un périple historique burlesque et truculent qui ravira les amoureux de la langue, de l’aventure et de l’humour.
L’histoire de Salomon l’éléphant, découverte par hasard à Vienne par l’auteur, est basée sur des faits bien réels. En 1551, Joao III du Portugal et son épouse décident d’offrir un éléphant indien provenant de Goa à leur cousin, l’archiduc Maximilien d’Autriche, comme cadeau de mariage. Le pauvre Salomon et son cornac Subhro végétaient depuis plusieurs années déjà dans un enclos à Belèm mais sans plus traîner, on attribue un bel habit au cornac, une douche à l’éléphant et les voilà partis au sein d’une caravane de militaires et d’assistants en tous genres, de Lisbonne vers Vienne, en traversant les Alpes, comme Hannibal bien plus tôt, dans le brouillard et la neige.
Il va sans dire que le passage de l’éléphant provoquera de multiples réactions à travers les villages traversés. Salomon, toujours placide et même héroïque à la fin du récit est mené d’une main ferme par son cornac, rebaptisé Fritz par l’archiduc autrichien. Philosophe à ses heures, Subhro/Fritz est certainement le mieux placé, juché sur la tête de l’éléphant, pour comprendre la grandeur et la misère des hommes, qu’ils soient bien nés ou non.
Impossible de parler de ce roman sans évoquer la langue et les incursions du narrateur, ravi de nous embarquer dans des digressions en tous genres parce que c’est bien connu « la représentation la plus exacte de l’âme humaine est le labyrinthe. » Pas de majuscules aux noms propres, pas de guillemets introduisant les dialogues, le voyage de l’éléphant déroute, c’est le but, et c’est le moins que puisse faire un roman dont le chemin est truffé de lignes tordues et d’embûches diverses.
Bien sûr l’archiduc Maximilien et son épouse apprécieront le cadeau à sa juste valeur, et feront, à la mort de Salomon, de jolis présentoirs de parapluies avec ses pattes avant. Un voyage des mots à pas d’éléphant, aux côtés de l’animal imposant qui ne l’oublions pas, donna vie au Dieu Ganesh et de ce fait devint sacré. « Des histoires à dormir debout » grommellent les soldats de l’expédition mais, Salomon n’est–il pas en fin de compte le plus éveillé et le plus noble des personnages de ce récit ?
A vous de découvrir ce roman picaresque à souhait du portugais José Saramago, prix Nobel de littérature 1998, bien décidé à nous amuser subtilement avec le voyage de l’éléphant, publié au Seuil.
Bonne semaine et belles lectures !







15 janvier 2010 Ã 4:54
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