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Ma robe n’est pas froissée, Corinne Hoex, Les Impressions nouvelles 2007

Dans mon ‘top trois’ des romans que j’ai préférés cette saison se situe ce court mais remuant roman de Corinne Hoex : Ma robe n’est pas froissée édité aux Impressions Nouvelles. Il a d’ailleurs reçu le Prix Emma Martin 2008, le Prix Indication du Jeune critique 2008, et a été finaliste du Prix Rossel.

Il s’agit du récit dur et grave d’une maltraitance, l’exploration de l’abus de pouvoir. La narratrice dresse le procès verbal de la violence, du déni et de l’humiliation subies durant l’enfance et l’adolescence. Cela se passe autour des années soixante, entre la Mer du Nord et Bruxelles, dans une famille bourgeoise, ce milieu policé où il importe de sauver les apparences, et qu’une robe ne soit pas froissée…

Trois actes, trois négations qui enserrent la narratrice. Un père amoureux de voile, admiré et terrifiant. Une mère rétive à toute émotion, dont le regard méprisant glisse depuis toujours sur la narratrice sans la voir. Un ‘fiancé’ dont la violence s’exerce dans l’indifférence ou la complicité parentale. Alors la jeune fille collectionne des portraits pour avoir des visages obligés de se tourner vers elle. Et s’il s’agit d’amour, il s’avère désastreux, une menace terrible.

Et ce qui bouleverse aussi, c’est, malgré la violence, le ton sans rancœur de la narratrice, peut-être même proche du pardon, et sa demande d’amour indéfiniment répétée, qui chaque fois se relance inutilement en avant comme les vagues de la mer.

Et puis, il y a l’écriture de Corinne Hoex. C’est elle qui donne au récit toute sa force : courte, tendue, ciselée, laissant entendre ce vide criant, l’abandon glacé où se trouve remisée la narratrice. Une écriture au scalpel, magnifique, tout en retenue et sans pathos, où l’on sent résonner en soi le cri muet des mots.

Ma robe n’est pas froissée est un court livre de 111 pages, que je recommande tout particulièrement à ceux qui ne craignent pas d’être bousculés ou qui aiment l’art dans le travail d’écriture. Et puis, quand vous l’aurez lu, allez voir également du côté de son précédent roman Le grand menu, c’était paru en 2001 aux éditions de l’Olivier. Même gravité, et même écriture parfaitement ciselée.

Très belle semaine à tous. N’oubliez pas de lire, lire et lire encore! A vendredi prochain !

(Diffusé vendredi 03 juillet 09)

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